Une démonstration d’ikebana est prévue sur scène dimanche 13 avril à 15h au festival Hanami. Vous aurez aussi l’occasion de vous exercer à l’art floral japnais lors des deux ateliers prévus samedi (16h) et dimanche (11h).

L’Ikebana est né de l’offrande de fleurs à Bouddha. Sa traduction littérale est « fleur vivante » ou « faire vivre les fleurs ». Depuis toujours, il désigne une composition florale réalisée à base de fleurs, feuillages, branchages… C’est l’art du bouquet suivant les traditions et les techniques japonaises.

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En Occident, la nature est présentée comme quelque chose qui s’oppose à l’homme, une chose qui doit être dominée. Au Japon, au contraire, l’homme et la nature forment un tout indissociable qui a fait de la composition de fleurs un acte tout à fait naturel.

Les formes les plus complexes et parfaites de l’Ikebana s’élaborent durant la période MUROMACHI (1390-1593). Ces formes d’Ikebana sont appelées « RIKKA » et « TATEBANA » : fleurs dressées.

En 1462 le grand maître Ikenobo Senkei formula les premières règles des arrangements appelés rikka ou fleurs dressées. Le rikka est une allégorie de la nature strictement liée au bouddhisme ésotérique et qui trouve son expression dans les branches, fleurs, feuilles et troncs, au travers de règles géométriques et avec des proportions fixes et inaltérables. Celles-ci, orientées vers des points divers, déterminent le caractère tridimensionnel de la composition, toujours comprise dans un triangle qui représente le mont Shumisen (ou Sumeru), montagne axiale, symbole du cosmos et objet de culte bouddhique. Les branches de pin figurent les rochers et les pierres, les chrysanthèmes blancs, l’eau des rivières.

De 1336 à 1568 à l’époque des grandes rivalités féodales connue sous le nom de Muromachi, l’art des bouquets se renouvella. Il commença à être considéré comme un art en soi, non plus une pratique religieuse. Les règles des bouquets se simplifièrent. Avec pour objectif de traduire le profond amour pour la nature, le « NAGEIRE BANA » reprend l’esprit du « CHA BANA » avec une plus grande liberté. Style spontané où les fleurs sont disposées de manière plus naturelle, littéralement, « nageire » signifie « jeter dedans » et se réalise dans n’importe quel vase haut.

Libérés de règles strictes, cha bana et nageire bana influent peu à peu sur les formes de rikka pour donner naissance au « SHÔKA » ou « SEIKA » qui est une composition de formalisme calligraphique.

C’est à cette époque que l’art des fleurs commence à être pratiqué par les femmes. Il devient vite l’attribut de la femme cultivée.

En 1868 et à la restauration de MEIJI, le Japon ouvre ses portes aux cultures américaine et européenne, avec leur lot de fleurs occidentales nouvelles aux couleurs plus intenses. La seule possibilité pour les japonais d’utiliser ces nouveaux végétaux était de créer des formes nouvelles avec le « MORIBANA », littéralement « fleurs amassées ».

La naissance de l’Ecole Ohara, en 1895, est liée à celle du moribana dans lequel l’espace et la profondeur sont plus grands, dans une utilisation de vases qui permettent des compositions beaucoup plus larges.

Tout l’art de l’ikebana consiste à dépouiller les branches pour en épurer les lignes et conduire à un équilibre esthétique.

Cet effeuillage est aussi celui de la poésie traditionnelle japonaise, le haïku qui suit lui aussi le rythme des saisons.

L’Ikebana demeure une composante importante de la culture japonaise, les femmes le pratiquent régulièrement et toute jeune fille est invitée à apprendre cet art qui fait partie de la vie quotidienne au Japon. Autour des temples se tiennent souvent des expositions florales ikebana, bonsaï, fleurs sélectionnées.

De nos jours l’ikebana connaît un prodigieux développement aussi bien au Japon que dans les pays occidentaux où se créent des écoles dynamiques : l’ikebana est devenu un art d’épanouissement personnel et un art d’échanges internationaux.

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